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Actu proche-orientale et littérature
Après les annonces successives quant à sa démission, Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne, va voir son mandat prolongé en décembre et ce, pour éviter de voir se reproduire le fiasco de janvier 2006, lors duquel le Hamas avait été choisi pour diriger l’autonomie palestinienne.
Oui mais voila, Abbas est plus que contesté dans son propre camp mais il l’est également désormais à l’étranger suite à ses récentes déclarations quant à la déclaration unilatérale d’indépendance de la Palestine.
Des responsables électoraux ont recommandé jeudi de reporter sine die la présidentielle prévue initialement le 24 janvier, en raison officiellement de l’absence de coopération du Hamas au pouvoir dans la Bande de Gaza.
Mahmoud Abbas, qui avait annoncé qu’il ne se porterait pas candidat à sa propre succession, pourrait donc rester à son poste, comme le lui demandent Israël et de nombreux pays occidentaux.
Toujours est-il que bon nombre de ses rivaux au sein même du Fatah (Rajoub, Dahlan ou encore Bargouti) commencent à s’impatienter et voudraient voir le successeur du Rais prendre le chemin d’une retraite bien méritée.
Le blog que j’anime depuis plus de deux ans maintenant change de formule.
Alors que la nature d’un blog est par définition très personnelle, je préfère à partir d’aujourd’hui me concentrer sur une tentative d’analyse un peu moins subjective dans le cadre de post plus courts, plus vifs et dans un effort de montrer, voire de prouver, que la réalité proche-orientale se veut multiple.
Le Blog de Beni Issembert devient Réalités proche-orientales en espérant jouir encore de vos lectures et commentaires dans le but unique : faire avancer l’idée selon laquelle ce qu’on voit d’ici n’est pas ce qu’on voit de laba.
“מה שרואים מכאן לא רואים משם”
“ما تراه هنا ، لا نرى من هناك”
Oui mais il fallait s’y attendre les enfants !
Ça fait combien de temps qu’on fait miroiter aux Palestiniens un état indépendant aux sortirs d’une négociation qui n’en finit pas ? Et bien, tout naturellement, l’équipe diplomatique de Mahmoud Abbas, qui ne démissionne pas soit dit en passant, vient de passer à l’étape “menace”. En effet, Saeb Erekat a déclaré ce matin sur l’antenne de Galei Tsahal au micro du génialissime Razi Barkai, que les Palestiniens s’attelaient dernièrement à faire accepter par la communauté internationnale l’indépendance unilatérale de la Palestine, dans le cas où Ramallah choisirait cette option.
Et pour quelle raison Erekat parle d’unilatéralité en terme de création de la Palestine ? Pour la simple bonne raison que l’administration Netenyahou, malgré les beaux discours, ne veut pas voir se créer d’Etat palestinien en Judée-Samarie et à Gaza. L’administration israélienne en place préfère à cette solution, le maintien de l’occupation et à terme, sûrement, l’édification de facto d’un état binational au coeur duquel les Palestiniens n’auraient aucun droit bien qu’en route pour devenir majoritaires. Cela ne vous rappelle rien ?
Bref, la pire des choses serait de voir les Palestiniens se diriger seuls vers la création d’un état qui leur revient de droit. Cela voudrait dire, entre autres, qu’en Israël, plus personne ne veut ou ne croit à la paix !
Il est vrai que ce genre d’affaires n’est pas très appréciées en Israël et dans le monde juif. Et alors que beaucoup qui liront mon post de ce matin préfèrent laver le linge sale en famille, personnellement j’aimerai bien qu’on parle de cette affaire de terrorisme juif.
Les faits tout d’abord. Ce colon d’origine américaine, a été inculpé ce matin pour le meutre de deux Palestiniens et pour tentative de meutre sur trois autres individus.
Et si la honte et la colère doivent nous animer face aux actes de cette ordure, il faut en parler tout de même pour une simple et bonne raison.
Pour congratuler la Justice israélienne qui traite ce terroriste juif comme il se doit.
Le droit et la justice font leur travail en Israël et alors que nombreux sont ceux qui accusent Israël de tous les maux, il est bon, dans l’horreur de cette affaire, de montrer qu’un meutrier juif est traité de la même manière qu’un meurtrier palestinien. C’est ça la démocratie, c’est ça la justice.
Quant à Teitel, je ne suis pas du tout pour la peine de mort, mais il faut reconnaître que certains la méritent…
Je pense que tout le monde virtuel a du visionner cette vidéo dans laquelle l’acteur François Cluzet prend la défense de Salah Hamouri le présentant comme un prisonnier politique en Israël, grand état voyou devant l’Eternel.
Oui Salah Hamouri est en prison en Israël pour avoir tenter d’assassiner l’ancien grand rabbin d’Israël, Obadia Yossef.
Les larmes et le tremblement dans la voix de l’acteur ont presque réussi à m’avoir, je dois le dire.
Mais justement c’est un acteur ! Un acteur à gros cachet et allez savoir s’il n’en a pas touché de cachet pour parler du cas Hamouri en ces termes.
Et comprennez-moi bien, loin de moi de minimiser le fait qu’un Français se trouve dans les prisons israéliennes. Mais après tout, il a avoué être à l’origine d’une action terroriste.
En tous cas, chapeau à Cluzet pour son jeu d’acteur et dommage qu’il n’y ait pas eu de réponse de la part de Copé en face.
Me voila de nouveau sur la toile mais pour une version nouvelle de la vision que je propose de l’actualité proche-orientale.
Tous les jours, un petit post, un petit billet d’humeur qui ne comptera que quelques lignes, plus incisives que jamais et qui, je l’espère du moins, aidera à mieux comprendre ce qu’il se passe sous le ciel de cette partie de la Méditerrannée.
Amitiés !
Beni
Franchement, je ne sais pas comment commencer ce post.
Que notre cher Premier Ministre se trouve à Washington par le plus grand des hasards et rencontre Obama à huit clos, passe encore. Mais que fait Barack à ses côtés ? Pour quelle raison, celui qui termine son oeuvre de destruction du parti travailliste, s’est-il imposé dans ce voyage d’état en lieu et place de celui qui aurait dû mener cette délégation, à savoir Liberman, ministre des Affaires étrangères ?
Je n’ose comprendre. Qu’on veuille écarter le premier diplomate israélien en raison de son discours tendancieux, ne passe pas. Et je ne suis pas un grand fan du sieur Liberman, loin de là. Mais il est des règles à respecter dans un Etat qui se veut de droit. Liberman dirige la diplomatie israélienne, c’est à lui que revient la tâche d’être aux côtés de Netenyahou à Washington, non ?
Mais bon. Le gouvernement Netanyahou II est à Israël, ce que l’exception est à la grammaire française.
Toujours est-il que Barak plus que jamais menacé à sa gauche, se comporte de manière étrange pour ne pas dire suspecte. Désire-t-il en cachette, comme dans le passé, devenir le premier Empereur israélien ?
La réponse dans quelques semaines.
Je dois le dire en tant que incipit à ces quelques mots quelques heures après le pseudo discours historique de notre Premier Ministre, que c’est le cœur chargé de frustration que j’engage ce que j’aurais aimé dire à Benyamin Netenyahou quelques minutes après son allocution du 14 juin 2009 à l’Université de Bar Ilan, à Ramat Gan, ma ville.
Frustré je suis d’avoir entendu seize années après la signature des accords d’Oslo que cette avancée si pleine d’espoir qu’ont constitué les accords israélo-palestiniens se sont vus offrir une quasi homélie digne d’obsèques nationales.
Alors qu’à droite on s’offusque du caractère “gauchiste” des propos de Netenyahou, force est de constater que l’idée même d’un Etat palestinien souverain en Judée-Samarie a été définitivement oublié hier soir.
Je ne suis pourtant pas un grand défenseur de la cause palestinienne. Je le dis honnêtement : le sort des Palestiniens m’indiffère. Oui, je pourrais donc être vu, ou lu, comme l’un des membres de cette droite nationale que je combats depuis des années en Israël. Mais le contraire est la vérité. Le sort des Palestiniens ne m’intéresse pas en tant que destin humaniste d’un peuple dont personne n’a jamais voulu et dont personne ne voudra jamais. Les Palestiniens m’intéressent en ce sens, que seul le passage à l’auto détermination totale pour ces derniers peut assurer pour toujours la sécurité et le devenir de l’Etat hébreu. Obama parlait d’honnêteté, soyons donc francs ! Autrement dit, point d’humanisme universel ici (je ne peux pas en tant que juif me le permettre, car il en va de ma sécurité), mais soucis d’auto préservation. Sans Etat palestinien viable, point de salut pour l’Etat juif. Et c’est bien là la véritable problématique à laquelle la droite israélienne en général et Netenyahou en particuliers n’ont rien compris.
Je m’explique.
Le camp national en Israël entend poursuivre sa mainmise, son occupation si vous voulez, des territoires palestiniens, vus côté israélien comme la terre de “nos ancêtres”. Bien. Mais le maintien de l’occupation, le refus de laisser aux Palestiniens le droit mais surtout le plaisir de s’auto gérer mène l’Etat d’Israël tout droit vers un paradoxe (un de plus !) bien plus complexe (voire le papier que j’ai écrit en 2004 sur le sujet http://www.uejf.org/tohubohu/international/enjeu.html).
En effet, si Jérusalem entend demeurer la seule démocratie du Proche-Orient et que Jérusalem continue de commander à l’ordre du jour en Judée, en Samarie et d’une certaine manière à Gaza, il faudra “régulariser” les Palestiniens y vivant et les faire devenir israéliens, sous peine de mettre en place un système de vie à deux vitesses fondé sur une certaine forme de ségrégation ethnique.
Dans ce cas, en quelques années seulement, selon l’ancien maître à penser de la droite nationale israélienne, Arnon Sofer, démographe, les non-juifs seront plus nombreux que les juifs entre le Joudain et la Méditerranée et démocratie oblige, en cas de vote, une majorité non sioniste pourrait être élue et faire disparaître de facto l’Etat juif, pierre fondamentale du sionisme !
Je résume. Si Israël refuse la création d’un Etat palestinien à court terme, c’est l’essence même de l’Etat juif qui est en danger que cela soit via la mise en place d’un système proche de l’Apartheid ou l’émergence d’une majorité arabe non sioniste à la Knesset.
Pou conclure, seule une séparation totale et définitive d’avec les Palestiniens peut garantir le maintien de la majorité juive en Israël et donc la pérennité de cet état que nous construisons depuis 60 ans. Il est dommage et surtout idiot et frustrant de découvrir que notre cher Premier Ministre ne voit les choses de la même manière et de la sorte fait le jeu de celles et ceux qui entendent voir disparaître toute entité juive de cette région du monde.
“KALKILYA, Cisjordanie - Trois policiers palestiniens, deux militant du Hamas et un civil ont été tués dimanche dans une fusillade en Cisjordanie, apprend-on auprès des services de sécurité palestinien”, peut-on lire depuis ce matin sur le site de Reuters. En réalité, les deux “activistes” du Hamas étaient de dangereux terroristes recherchés par Israël dont l’élimination non seulement participe de la énième tentative de Ramallah de montrer pate blanche en matière de lutte contre le terrorisme et plus précisément contre le Hamas mais cet accrochage sanglant montre une fois de plus que les maîtres du jeu ont changé dans cette région du monde. L’enfant pourri gâté des Etats-Unis, à savoir Israël, doit désormais rivaliser avec le fils déchu, l’enfant oublié de Washington, qui prend désormais une place importante dans le coeur de la plus grande démocratie du monde.
Et pourquoi ? Car, depuis deux mois, Netenyahou n’a eu cesse de crier haut et fort qu’il n’y aura pas d’état palestinien au côté d’Israël. Que lui et ses partisans préféraient maintenir l’occupation en Judée-Samarie qui à prendre le risque de se voir déborder sur le plan démographique et condamnés et abandonnés sur le plan internationnal pour préserver “une présence juive” sur les terres de nos ancêtres ! Autrement dit, Israël disant non à une solution fondée sur le concept de deux états pour deux peuples, se place dans une situation de disgrâce face à Washington qui reste seul avec Ramallah dans la ronde du processus de paix.
Alors quoi ? Que préconise Netenyahou ? Le maintien des colonies en Judée-Samarie et la poursuite de la construction de celles-ci sont comme message clair envoyé non seulement aux Palestiniens mais au monde entier :”Israël veut continuer l’état de guerre !” Mais plus important encore pour ne pas dire plus dramatique. Israël n’est pas celui qui commande à l’ordre du jour au Proche-Orient. Israël ne propose plus. Il dispose ou plutôt ne dispose pas. Israël n’est plus cet acteur puissant en quête de quiétude et vecteur de valeurs, lumière d’une région au coeur de laquelle le Talion règne en maître. Non Israël, celui de Netenyahou, de Liberman et du Foyer Juif, cet Israël la est une imposture qui est en passe de faire ce qu’aucune autre administration israélienne n’avait encore oser faire : se brouiller avec l’allié américain et croire à une existence auto suffisante.
Car aujourd’hui, c’est Ramallah et Abbas qui montre la voie et Israël qui refuse de s’y engager et ce, pourquoi ? Pour contenter une opinion publique et assurer, pour les représentants du peuple, une réélection, procédure devenue véritable sport national au pays où coulent le lait et le miel.
Et pour conclure. Une pensée triste à Guilad, à sa famille qui, a cru avec l’arrivée d’un “homme de poigne” à Jérusalem que le dossier Shalit allait devenir in fine une priorité ultime. Et bien c’est tristement raté. L’administration Netenyahou n’a que faire, semblerait-il, du sort de Guilad. Pour preuve, le refus de Dan Meridor de remplacer Ofer Dekel en tant que médiateur. C’est donc le scepticisme mais surtout l’incompréhension qui m’anime depuis deux mois. Difficile de défendre les dirigeants de mon pays dont le projet politique s’apparente davantage à une tentative de survie interne qu’à la construction d’un futur saint, pacifique et juste pour nos enfants.
Pauvres de nous !
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