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Actu proche-orientale et littérature
4 novembre 2007.
Le fils de l’Assassin est circoncis, marquant par le sang et à jamais, le lien qui l’unit au Créateur selon les croyants. L’assassin bénit son fils. Une progéniture innocente qui à défaut de porter le fardeau d’une alliance divine, portera jusqu’à la fin des temps la marque de l’horreur commise par son meurtrier de père. Yigal Amir et sa meute, auraient-ils eu l’audace de nommer Itzhaq - tentant d’effacer la mémoire de sa victime - ce petit homme au lourd passé déjà ? Non. Yanon Elia Amir se nomme également Shalom, la paix, comme si par la nomination adamique, on entendait effacer le chemin tracé par le soldat de la paix.
Consternation et dégoût.
Consternation, car une partie de la société israélienne n’a rien appris, ni compris, de son passé. Elle poursuit sans relâche une marche macabre faite de haine au nom de l’amour de Dieu, paradoxe divin. Et se prépare non pas dans l’ombre mais à la lumière d’un jour tatoué à l’indifférence des hommes dits libres, à frapper à nouveau le cœur, le symbole de la démocratie israélienne, de la liberté au drapeau bleu et blanc. Pour preuve, des affiches défigurent une Jérusalem devenue obscure, montrant le président de l’Etat Shimon Peres, portant le Keffieh palestinien affublé d’un “Président des Arabes”, tout comme son compagnon sur la route de la paix, Itzhaq Rabin, l’avait porté sur d’autres affiches il y a douze ans. Les conséquences nous sont connues.
Dégoût, car au nom du sport, au nom de cette noble discipline qu’est le football, les supporters du champion d’Israël, le Beitar Jérusalem, ont sifflé vulgairement l’hommage fait au héros de 1967, au Premier ministre de l’Etat d’Israël, ce 4 novembre 2007, peu avant le match contre le Maccabi Haïfa. Ils n’étaient pas dix, pas cent mais des milliers à se réjouir de la mort du soldat de la paix.
Nausée.
Qu’est donc devenu le devoir de mémoire si cher à une société qui s’est construite sur les cendres des malheurs de son passé ? Où se trouve donc la morale pieuse défendue par ces hommes de peu de foi, qui se considèrent pour certains d’entre eux plus proches que vous et votre serviteur de la voie/voix de la Torah ? Et je dis certains d’entre eux, car loin de moi de vouloir généraliser. Ce n’est pas la religion ou la foi qui unit les partisans d’Yigal Amir aux fanatiques du Beïtar mais davantage une stupidité devenue monnaie courante dans un pays fatigué, fatigué de lui-même.
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