Comme chaque année, les Israéliens et les juifs du monde entier se préparent à commémorer la sortie d’Egypte du peuple hébreu. Loin d’être uniquement une fête religieuse proprement dite, Pessah‘ symbolise pour bon nombre d’entre nous, la fête de la liberté recouvrée.
Après 400 ans d’esclavage en Egypte, selon le mythe, les Hébreux conduits par Moïse, retrouvèrent la liberté et le droit à l’autodétermination. Certes, les premiers pas furent compliqués pour ne pas dire sanglants : exil dans le désert, passage du veau d’or et bien d’autres, mais ce qu’il faut comprendre au delà des louanges faites à un Dieu tantôt salvateur, tantôt bourreau, c’est que les Hébreux, les ancêtres des juifs, purent enfin maîtriser leur destin après une formidable quête de liberté. Sans doute la première de l’histoire de l’Humanité. Et pour preuve, la législation issue de ce combat pour la liberté, écrite (dictée par la divinité selon les croyants) par un Moïse devenu père de la Loi hébraïque.
Autrement dit, les Hébreux recouvrent la liberté et la première véritable étape importante de ce formidable élan, bien avant de retourner sur la terre promise, est de se doter d’une Loi. De nos jours, nous dirions que les Hébreux se sont dotés d’une constitution.
En d’autres termes, la priorité des Hébreux, la priorité première se voulait avant toute autre chose, de régler l’existence de tout à chacun, de placer les limites d’une vie au sein de la communauté respectant des dogmes fondamentaux essentiels au fonctionnement sein d’une société proto moderne (interdiction du meutre, de l’adultère, du faux témoignage etc.). Oui, les Dix commandements sont les fondations de cet édifice de vie, mais ils ne sont que l’introduction au texte, à la constitution que rédigera le Libérateur, l’ancien Prince d’Egypte et qui tient une place capitale dans le canon juif (elle est le ciinquième livre de la Torah), à savoir le Deutéronome ou Dvarim en hébreu d’où est issu, notamment, la prière juive par excellence, le Shema Israël.
Mais ce qu’il parait intéressant, au delà des considérations quasi juridiques de la promulgation d’un tel texte, d’une telle Loi, c’est que les Hébreux, comme je le disais plus haut, eurent besoin d’une législation avant d’une terre. Et c’est marquant !
En résumé, il est possible de comprendre la sortie d’Egypte de la manière suivante :
Esclavage féroce - Révolte quasi camusienne - Accession à la liberté dans le sang - Retour à la terre par la force.
Et à l’heure où tous les espoirs de paix semblent s’envoler du Proche-Orient suite à la radicalisation des camps palestinien et israélien, Ramallah devrait sans doute méditer l’une des leçons de Pessah‘, à savoir la Loi avant la terre, seul garant de l’accession à la Liberté.
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