J’ai mis un certain temps à me décider à écrire sur la véritable crise politique et diplomatique que vit Israël depuis deux mois. Et ce, pour une seule et unique raison : je n’ai pas choisi l’administration en place à Jérusalem. Un peu trop facile de se retrancher derrière cette fausse muraille pour éviter de penser réellement les derniers évènements dans la région. Et, corrigez-moi si je me trompe, je crois que ce sont les informations si importantes de ce matin, qui ont convaincu le sceptique que je suis devenu depuis l’avènement de l’administration Bibi 2. En effet, les hommes d’Abbas qui non seulement font le sale boulot à Kalkilya en abattant deux terroristes du Hamas mais qui de la sorte montre qu’ils sont véritablement les seuls à agir contre le Hamas et donc pour un règlement de la crise israélo-palestinienne. Mais plus que cela, quelques jours après la rencontre si chaleureuse entre le patron de Ramallah et celui de Washington et deux semaines après la froideur de la première rencontre Obama-Netenyahou, force est de constater avec une tristesse sans nom, que Jérusalem n’est plus celle qui mène le jeu et c’est le propos de mon papier.

“KALKILYA, Cisjordanie - Trois policiers palestiniens, deux militant du Hamas et un civil ont été tués dimanche dans une fusillade en Cisjordanie, apprend-on auprès des services de sécurité palestinien”, peut-on lire depuis ce matin sur le site de Reuters. En réalité, les deux “activistes” du Hamas étaient de dangereux terroristes recherchés par Israël dont l’élimination non seulement participe de la énième tentative de Ramallah de montrer pate blanche en matière de lutte contre le terrorisme et plus précisément contre le Hamas mais cet accrochage sanglant montre une fois de plus que les maîtres du jeu ont changé dans cette région du monde. L’enfant pourri gâté des Etats-Unis, à savoir Israël, doit désormais rivaliser avec le fils déchu, l’enfant oublié de Washington, qui prend désormais une place importante dans le coeur de la plus grande démocratie du monde.
 Et pourquoi ? Car, depuis deux mois, Netenyahou n’a eu cesse de crier haut et fort qu’il n’y aura pas d’état palestinien au côté d’Israël. Que lui et ses partisans préféraient maintenir l’occupation en Judée-Samarie qui à prendre le risque de se voir déborder sur le plan démographique et condamnés et abandonnés sur le plan internationnal pour préserver “une présence juive” sur les terres de nos ancêtres ! Autrement dit, Israël disant non à une solution fondée sur le concept de deux états pour deux peuples, se place dans une situation de disgrâce face à Washington qui reste seul avec Ramallah dans la ronde du processus de paix.

 Alors quoi ? Que préconise Netenyahou ? Le maintien des colonies en Judée-Samarie et la poursuite de la construction de celles-ci sont comme message clair envoyé non seulement aux Palestiniens mais au monde entier :”Israël veut continuer l’état de guerre !” Mais plus important encore pour ne pas dire plus dramatique. Israël n’est pas celui qui commande à l’ordre du jour au Proche-Orient. Israël ne propose plus. Il dispose ou plutôt ne dispose pas. Israël n’est plus cet acteur puissant en quête de quiétude et vecteur de valeurs, lumière d’une région au coeur de laquelle le Talion règne en maître. Non Israël, celui de Netenyahou, de Liberman et du Foyer Juif, cet Israël la est une imposture qui est en passe de faire ce qu’aucune autre administration israélienne n’avait encore oser faire : se brouiller avec l’allié américain et croire à une existence auto suffisante.
Car aujourd’hui, c’est Ramallah et Abbas qui montre la voie et Israël qui refuse de s’y engager et ce, pourquoi ? Pour contenter une opinion publique et assurer, pour les représentants du peuple, une réélection, procédure devenue véritable sport national au pays où coulent le lait et le miel. 

Et pour conclure. Une pensée triste à Guilad, à sa famille qui, a cru avec l’arrivée d’un “homme de poigne” à Jérusalem que le dossier Shalit allait devenir in fine une priorité ultime. Et bien c’est tristement raté. L’administration Netenyahou n’a que faire, semblerait-il, du sort de Guilad. Pour preuve, le refus de Dan Meridor de remplacer Ofer Dekel en tant que médiateur. C’est donc le scepticisme mais surtout l’incompréhension qui m’anime depuis deux mois. Difficile de défendre les dirigeants de mon pays dont le projet politique s’apparente davantage à une tentative de survie interne qu’à la construction d’un futur saint, pacifique et juste pour nos enfants.
Pauvres de nous !